mercredi 2 octobre 2013

Cantat, droit dans le soleil

Retour au devant de la scène pour Bertrand Cantat. Entre le souvenir des drames de l'ombre et le désir de rédemption. Pourquoi faut-il que le génie soit toujours lié à la folie ? Peut-être oeuvrent-ils dans la même cour, où l'artiste côtoie la grâce et les démons des hommes. Le jour et l'obscurité, l'ombre et la lumière. Droit dans le soleil. C'est le nom du nouveau titre de Cantat, 1er opus d'un album attendu en novembre. L'âme aux noirs désirs apparait dans ce clip, avec sa gueule de taulard et les yeux délavés. Et sa voix râpeuse, comme chargée des malheurs du monde, vient se joindre à la guitare et au violoncelle, dans une ballade dépouillée.
"On t'avait dit que tout se paye.Tout se dissout dans la lumière.Les ombres qui marchent à tes côtés.Dans le parfum des nuits, l'éclatement des corps qui s'emerveillent.
Mais on ne renonce pas, regarde bien droit dans le soleil !"
(Voir le clip)

La dernière apparition de Bertrant Cantat avec son groupe Noir Désir remonte à 2008. C'était avec ce titre publié sur internet : gagnant/perdant. Joint à la chanson, un petit texte, en guise d'explication :
"La chanson, Gagnants / Perdants a été enregistrée par Noir Désir, en réaction au contexte actuel, politique et humain dans toute l’acceptation du terme. Impossible d’attendre pour la mettre à disposition."



"Noir Désir est au travail", ajoutait le texte. Mais deux ans plus tard, le groupe se séparait, mettant fin à trente ans d'aventure. Restait la révolte. Cantat, le maudit, est de retour.



samedi 28 septembre 2013

Mon Dieu, by Anaïs


La célèbre chanson d'Edith Piaf, Mon Dieu, composée en 1960 par Charles Dumont et le parolier Michel Vaucaire, est reprise ici par la chanteuse Anaïs, à l'occasion d'une session acoustique Bruxelles ma belle. Au son des tintements de verres et des discussions de comptoir...





mercredi 28 août 2013

Ce que sont les Veilleurs


Quand vous subissez chaque jour invectives et moqueries, quand les valeurs que vous défendez sont caricaturées, présentées comme homophobes ou fascistes, quand l'on dit de vous que vous illustrez la montée de l'extrême droite en France, que l'on vous refuse un combat équitable, c'est-à-dire en intelligence et honnête foi, pour d'absurdes et d'intolérables raisons, un choix s'offre à vous : 

- le repli sur soi, en mode village gaulois, à coup de "tous pourris" et "tous vendus"... Une posture compréhensible, excusable peut-être, mais stérile. Et qui fait vite de l'orgueil l'unique moteur de votre action. 

- Ou bien vous optez pour une voie plus difficile : aller à la rencontre des gens, offrir une parole à l'intelligence et aux coeurs, pour expliquer votre démarche et l'universalité de vos valeurs, que votre combat est tout sauf réductible aux critiques lancées jusqu'alors. 

C'est ce qu'on fait les Veilleurs en prenant la route cet été. Leur grande marche s'achèvera samedi 31 août prochain à Paris, par une dernière veillée place de la Concorde. La préfecture de police vient de s'opposer à ce qu'elle considère comme une manifestation devant être interdite pour des raisons tenants à la protection des institutions et à l'ordre public (sic). Les Veilleurs ont dors et déjà annoncé qu'ils organiseraient tout de même ce qu'ils considèrent être une simple expression de leur liberté. Il est bon de rappeler ici ce qui a poussé à la création du mouvement des veilleurs, ce q'il a été durant les événements de 2013 et ce qui les anime aujourd'hui. L'âme de leur combat. Voici retranscrit ci-dessous, pour ce nécessaire rappel, le discours qu'ils ont adressé au Conseil de l'Europe le 26 juin dernier, sur "la Manif pour Tous et la répression policière".

lundi 26 août 2013

L'honneur rendu à Hélie de Saint Marc

Hélie de Saint Marc est mort. Et "la France, dans sa profonde tradition imprégnée de culture chrétienne, a su pardonner et même plus que cela, elle a reconnu (son) sens de l'honneur". Cinquante après les événement d'Alger et sa condamnation pour "intelligence avec les dirigeants d'un mouvement insurrectionnel" (lire ici), Hélie de Saint Marc a été élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur. C'était le 28 novembre 2011, dans la cour des Invalides. L'Histoire venait de rendre son verdict. 

Voici le discours que le général Bruno Dary, alors gouverneur de Paris, lui a adressé. Paroles de soldat à soldat. 

"On peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir. On ne peut pas lui demander de se parjurer" (Hélie de Saint Marc)

Le 5 juin 1961, le haut-tribunal militaire condamne Hélie de Saint-Marc à dix ans de détention criminelle pour "intelligence avec les dirigeants d'un mouvement insurrectionnel". Lui, qui a connu Buchenwald et l'enfer de l'Indochine, se retrouvera en détention en France pour avoir suivi le général Challe dans sa rébellion. Pour n'avoir pas voulu reproduire en Algérie "l'abandon" des partisans vietnamiens dont il fut témoin, dix ans plus tôt. Voici la déclaration qu'il lança au haut-tribunal militaire. Et entre ces lignes, cette phrase : "on peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir (...). On ne peut pas lui demander de se parjurer".  

Paroles du dernier de nos héros, qui s'est éteint aujourd'hui.

mercredi 31 juillet 2013

Le baiser de Natan


Buenos-Aires, le 26 juillet 2013… Une gargote du quartier de Palermo… L’heure du déjeuner attire les habitués. Un vieux monsieur lit La Nación à côté de moi, devant une soupe fumante. Une grand-mère somnole sur une chaise, adossée au mur. Pendue au-dessus d’elle, la télé retransmet les informations du jour dans l’indifférence générale. Soudain, le plus célèbre des argentins (avec Diego et « la pulga », bien sûr) apparait à l’écran. Un bain de foule, à trois mille kilomètres de là : c’est el Papa Francisco, ce sont les Journées mondiales de la jeunesse, c’est Rio de Janeiro.

Mon voisin laisse tomber son journal et sa cuillère, les têtes se lèvent, la serveuse s’avance près du poste. Tous regardent les mêmes images qui tournent en boucle : un enfant d’une dizaine d’année, cheveux noirs et polo aux couleurs brésiliennes sur le dos, s’élance vers la papamobile. Le service d’ordre cherche à l’arrêter. A l’appel du pape, l’un des "gorilles" de sa garde rapprochée le porte jusqu’à lui. L’enfant s’accroche au cou du Saint-Père, qui l’embrasse affectueusement en retour. Echanges de mots et de gestes tendres, le garçon ne veut pas lâcher prise. Il éclate en larmes, d’émotion. La scène dure une trentaine de secondes, une éternité dans le protocole ! On le repose à terre, il envoie un dernier baiser de la main, il fait quelques pas seul, en sanglots, avant de retrouver les bras de son père. Les hommes de la sécurité lui caressent la tête, visiblement émus. La voix des commentateurs vibre. Autour de moi, il n’y a plus un bruit.

Derrière ma table en formica, je repense à Rome, à Toronto, à Cologne, à Madrid… J’ai été cet enfant en chacun de ces instants. Quelle intuition merveilleuse que celle de Jean-Paul II qui, instituant les JMJ il y a trente ans, a donné l’occasion à la jeunesse du monde de se blottir dans les bras de l’Eglise ! Et qui, en même temps, a offert à l’Eglise l’occasion d’embrasser cette jeunesse assoiffée. Celui qui a vécu de tels moments comprend les larmes que l’on y verse, car c'est un petit bout d’Absolu que l’on touche alors : l’expérience non pas de la communauté, mais de la communion des croyants. Fort de cette foi, on découvre la joie d'être fidèle au successeur de Pierre, en ce qu’il est pasteur, en ce que nous sommes troupeau.

Ainsi donc, cette année encore, à l’appel du pape, la jeunesse du monde est venue avec confiance se jeter au cou de l’Eglise-Mère, comme cet enfant au cou du Saint-Père… Des mots et gestes tendres sous le Corcovado, un baiser envoyé de la main. Des larmes de joie.

Ainsi donc, cette année encore, à l’appel de la jeunesse du monde, l’Eglise a ouvert ses bras et est devenue ce qu’elle est : universelle. A la suite de Jean-Paul II et de Benoit XVI, François, le « pape du bout du monde », s’est fait pape pour tous. Tu es Petrus, et l’audace innocente d’un petit garçon est venue rappeler la grande leçon de Tibériade !

La papamobile a poursuivi son chemin. La télé du restaurant argentin est passée à d’autres images ; la serveuse à d’autres commandes. A la table voisine, le vieux monsieur est retourné à son journal et à sa soupe, tiède maintenant. Moi, je suis resté avec le souvenir de ce petit garçon brésilien. J’apprendrai plus tard qu’il s’appelle Natan. Que dans ce moment privilégié, si fort en symbole pour l’Eglise, si porteur du mystère, Natan a confié au Saint-Père qu'il voulait être prêtre.

Recueillant ses larmes, l’homme en blanc lui a alors répondu : « maintenant, tu pries pour moi et moi, je prie pour toi ! »

Et la jeunesse du monde s’en est retournée chez elle.





vendredi 24 mai 2013

Témoignage : quand Hommen et Veilleurs se transmettent la flamme



Amis lecteurs, je vous transmets ici un témoignage reçu ce jour, sur la rencontre entre Hommen et veilleurs, qui s'est déroulée cette semaine à Angers. Bonne lecture et à dimanche ! #ONLR

JG